Castello Calcione















LE PALIO DE SIENNE


Attachés à leur ville par un amour qui frise le fanatisme, les Siennois revivent avec le Palio l’histoire des libertés communales et de la gloire militaire de la République de Sienne.
C’est à une fête violente et aussi vraie que la vie, loin de tout folklore, que les Siennois ont confié le mythe de la grandeur d’un Etat qui n’est pas tout à fait mort.

Les Contrades, au nombre de 17, sont des organismes territoriaux, nés en même temps que la ville, qui réunissent les habitants d’un quartier. Ces Contrades ont des noms symboliques et pittoresques: Tartuca (Tortue), Onda (Onde), Lupa (Louve), Nicchio (Coquille), Oca (Oie), Istrice (Hérisson), Drago (Dragon), Civetta (Chouette), Chiocciola (Escargot), Pantera (Panthère), Aquila (Aigle), Bruco (Chenille), Leocorno (Licorne), Valdimontone (Bélier), Giraffa (Girafe), Selva (Forêt), Torre (Tour). La Contrada est dirigée par son propre gouvernement, élu régulièrement tous les deux ans. Le peuple de la Contrada participe à la joie d’une naissance, à la douleur d’un décès, à la fête d’un mariage. Sa fonction civile n’a pas disparu.

Le Palio se déroule deux fois par an, le 2 juillet et le 16 août. La fête est consacrée à la Vierge, Patronne de la ville - à Sainte Marie de Provenzano en juillet, à Notre-Dame de l’Assomption en août - et remonte au XI° siècle. Si les Siennois semblent perdre la raison pendant les jours du Palio (trois jours avant la course déjà, a lieu par tirage au sort la remise des chevaux aux dix Contrades participantes et, dès ce moment-là, on baigne dans le climat fougueux de la fête), c’est parce que, en quelques instants pendant les trois tours rapides qui constituent cette course tumultueuse et confuse, se condensent des années d’attente, de sacrifices et d’espoir.

En effet, le Palio est chance et malchance, le Palio est une course désinteressée (la Contrada gagne un drapeau de soie peint selon des thèmes figuratifs traditionnels), mais elle suscite l’intérêt le plus passionné que l’on puisse imaginer.

Les jockeys sont la vertu et la ruse et les chevaux sont la chance et le destin. Le plus souvent, les jockeys ne sont pas siennois: ce sont des butteri (gardiens des bestiaux en Maremme) et des campagnes du Latium ou des «vaqueros» sardes et siciliens. Ils viennent courir le Palio au risque de leur vie, pour gagner de l’argent. Les jockeys, héros de la course, dont on se souvient de génération en génération comme dans une légende de paladins glorieux et de traîtres perfides, ne jouissent pas d’une bonne réputation. Les habitants de la Contrada les surveillent avec méfiance: ìls sont prêts aussi bien à les exalter qu’à les rouer de coups.

Comme la chance, le cheval fait l’objet d’une vénération craintive. S’il se blesse ou s’il meurt, le sort du quartier est irrémédiablement compromis, car le cheval ne peut être remplacé. Il arrive souvent que des chevaux gagnent le Palio "scossi", c’est à dire sans cavalier. On bénit le cheval avant la course. La cérémonie de la bénédiction qui se déroule dans l’église de la contrada (chaque quartier a sa propre église et son propre musée) est ce qu’il y a des plus poétique en ce jours de passion.

Pour le Palio, la place est délimitée par des tribunes que l’on dresse spécialement pour ce jour. La piste qui l’entoure est recouverte d'un mélange spécial de terre (tufo). Le Palio est la fête de la ville, la fête de son unité territoriale et historique. Il existe, entre les contrades, un jeu complexe d’alliances et de rivalités. Des quartiers voisins sont souvent ennemis. Il n’est pas rare que les alliances soient oubliées, face à l’ambition de la victorie. Le cortège historique suit des règles qui se sont formées spontanément à travers des siècles de tradition. Les habitants de la contrada le suivent avec passion, patience et espoir.

Quand les chevaux et les jockeys apparaissent, un agent de police leurs remet des cravaches en nerfs de boeuf tressés, qui serviront à rendre la course plus difficile, plus dure et plus rude.
Le Palio est déjà hissé sur la tribune des juges.

La mossa, c’est à dire le départ, est le moment essentiel de la course. Les chevaux se placent entre deux cordes, suivant un ordre fixé par le sort. Le dixième est le dernier; il prend son départ lancé; quand il entre dans l’espace qui lui est réservé par la deuxième corde, le mossiere fait sauter le système de cordes et la course part. Cette course est dangereuse. Les jockeys chevauchent à cru et ont le droit de se gêner avec les nerfs de boeuf. Les chutes sont fréquentes, à San Martino et au Casato. Les jockeys tombent; parfois ce sont les chevaux. Le Palio est presque une bataille à cheval. Ce qui compte, c’est de gagner.

Suivent le triomphe, les chants, les coups, la bénédiction du Palio, les diners, les cortèges, les fêtes jusqu’en septembre. La joie et les pleurs n’ont pas de limites, ne connaissent pas de nuances. Ils sont entiers, durent des jours et des jours; ils sont un stimulant continuel, prétexte de moqueries, de sarcasme ou d’amertume.

Pour informations:
http://www.liaisonsabroad.com/italy/palio.html
http://www.culturalitaly.com/festivals/sienapalio.htm
http://www.wstickets.com/horses/racing/palio_horse_race_tickets.html


















Castello del Calcione SAS - Località Il Calcione, 101 - 52046 Lucignano - Arezzo - Italy
Tel +39 0575 837153 - castellodelcalcione@gmail.com - P.iva 02269630519